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dimanche, 14 mai 2006
douze (Mossian un jour aussi va mourir)
La majorité des femmes trentenaires célibataires se plaignent principalement de deux choses : d’être déjà trentenaires d’une part, et encore célibataires d’autre part. Qui a dit que les femmes étaient compliquées ? Pauvres d’elles, ce n’est pas leur faute ; mais une urgence dictée par la chimie de leurs hormones et l’instinct de survie de leur espèce les pousse à se morfondre de ne pas trouver le partenaire idéal. Par moments, je les envie de rester si proches de la nature, aussi étroitement liées à la terre et au temps, quand tous les hommes sont de véritables dégénérés au dernier degré, et au premier sens du terme. Eux ont oublié qu’ils ne sont que des animaux, et qu’ils ont beau rouler dans des voitures surpuissantes, porter de fiers costumes, téléphoner en 3G et s’organiser sur Palm, leur misérable enveloppe charnelle ira comme les autres pourrir pour nourrir le sol. Nous, à part la barbe qui pousse, les cheveux qui tombent et le cancer en fin de vie, rien ne nous rappelle à la nature.
Mais dans l’ensemble, j’aurais plutôt tendance à me réjouir de cet état de faits. Je suis moi-même trentenaire, et me considère comme célibataire, malgré (ou à cause de !) Sidonie. Je suis absolument seul, je n’ai pas de femme, pas d’enfants, pas de patron ni même de mère ; bref, personne à qui rendre de compte. Et personne pour me dire : il est temps de baiser, dépêche-toi, sinon tu ne pourras plus procréer. Certes il y a parfois un banquier, un propriétaire ou un vieux plan cul pour me rappeler à mes obligations. Mais si l’envie me prend de ne penser à rien, grand bien m’en fasse. En gros, la nature me laisse tranquille. Et en échange, pour la remercier, je laisse la nature tranquille. Particulièrement ma nature. Je ne l’embête pas avec de puériles considérations de physique, d’âge ou de santé. Je ne fais rien contre mon début de calvitie. Mes rides naissantes creusent mon visage à leur gré. Je ne vais jamais chez le médecin, notamment de peur de me retrouver avec une sale maladie : car où attrape-t-on des maladies, si ce n’est chez le médecin ? J’allais très bien avant ma consultation ; en sortant, j’avais un cancer enrobé d’un taux de cholestérol anormalement élevé. Franchement je ne tiens pas trop à savoir dans quelle déréliction avancée se trouve ma trentenaire carcasse. Un jour, définitivement rouillée, elle se rompra par surprise, et ce sera bien.
***
Cette nuit, j’ai fait un cauchemar érotique. J’étais au lit avec une jeune fille, une asiatique (je n’ai jamais eu l’occasion de coucher avec une asiatique), très sexy et très open. Après divers préliminaires, composés entre autres de *** et d’*** ***, vint le moment de la pénétrer de mon cinquième membre. Et là, échec total. Impossible. Je ripais, je cognais à côté, c’était comme si la belle avait été fermée entre les cuisses. Panique. La fille me hurle dessus. Je me réveille.
15:40 | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : libre-expression
vendredi, 12 mai 2006
onze (retour de bâton)
Le sort s'acharne sur moi. Tout mon potentiel chance annuel s'étant déversé en l'espace de cinq jours, la semaine dernière, il faut bien maintenant que je me résolve à l'évidence : la roue tourne. Une maîtresse à la maison (ou plutôt, moi chez elle, bon), un boulot tombé du ciel, plein d'argent (j'ai oublié de dire que j'ai aussi trouvé un billet de 20€ sur la ligne 9 ; je m'étais promis de le donner au prochain clochard sur mon chemin mais je n'en ai pas croisé, croyez-le ou non), de nouvelles relations, de réjouissantes perspectives d'avenir, tout ça, malheureusement, ce n'est pas gratuit.
Ca a un prix, que je paie aujourd'hui.
Personne n'ignore, pour commencer, quel accueil la perfide Sidonie a hier réservé à mes propositions alléchantes à plus d'un titre. J'ai l'air de prendre ça à la rigolade, mais apprendre que ma partenaire sexuelle quasi-exclusive se fait entretenir la tuyauterie par d'autres plombiers que moi, ça m'attriste réellement. Ca procure un sentiment étrange, fait à la fois d’attirance redoublée et de répulsion bien légitime. Je sais bien que cette attaque cruelle n’a pour but que de pointer du doigt les incohérences et mêmes les malaises de notre relation, et que j’aurais tort de me braquer. Me voilà donc bien contre mon gré en pleine phase « reconquête de Sido », cherchant des idées de cadeaux, câlins, surprises et autres douceurs. Un véritable calvaire, quand on sait que fondamentalement, cette fille m’est bien égale, que je ne suis pas plus amoureux d’elle qu’elle ne l’est de moi, et que nous sommes en plus profondément différents. Mais je la regretterai plus tard, c’est certain. Alors : efforts.
J’étais plongé dans ces intenses réflexions, hier soir, en rentrant d’un dîner (correctement arrosé) chez des amis dans le douzième, quand le taxi, arrivé devant chez moi, me lance :
— Ben j’en connais un qui s’est débrouillé pour ne pas rentrer seul », tout en désignant un couple tellement enlacé qu’il en avait du mal à marcher. Le type avait la main sur les fesses de la fille et semblait lui susurrer des trucs salaces à l’oreille, ce qui faisait manifestement couiner la petite. Con de taxi, j’aurais dû lui demander de quoi je me mêle. Mais la répartie, ça ne marche que quand c’est écrit d’avance, moi j’ai jamais pu y arriver en direct. Bref, je paie (le chauffeur a gardé la monnaie sans même que je lui propose, comprenant que je ne le ferai sans doute pas), descends et arrive à hauteur du couple. Catastrophe ! c’était Karen, la Danoise, avec un grand gars beaucoup plus fort et grand et beau que moi ! Dire que je la pensais secrètement éprise de mon allure d’artiste. Mon cul oui. Elle se tape tout Paris, et elle doit faire le mur, en plus, parce que ça m’étonnerait que mes voisins la laissent sortir avec des pervers jusqu’à deux heures et demie du matin, et en semaine encore. D’ailleurs, elle a eu l’air bien embêtée que je la surprenne en pareille position. C’était son tour de bafouiller et bredouiller (alors que le bonhomme, lui, m’a lancé un regard aussi rieur que méprisant). Je l’ai plantée là et j’ai avalé quatre par quatre les marches qui mènent à ma pesante solitude.
Trahi par les filles deux fois en une seule journée, c’est dur. Je me demande quelle tuile va bien pouvoir me tomber dessus aujourd’hui.
12:55 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : Littérature
dix (nouveau souffle)
A partir de maintenant, et notamment afin de faciliter la lecture de la colonne "commentaires", chaque note portera, en plus de son numéro, un titre. La parenthèse est allègrement pompée sur OUAIS BON, le blog de Vernis Rouge, que je vous recommande chaudement (même si sa dernière note est nulle).
11:30 | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : libre-expression
jeudi, 11 mai 2006
neuf
Bon, alors je viens d'avoir Sido par mail, puis au téléphone. Sympa comme je suis, je lui proposai un petit week end en amants, tout ce qu'il y a de plus classique.
— On réserve une chambre d'hôte avec vue sur la mer, lui dis-je en incorrigible romantique, tu prends ta tenue la plus légère, on loue une voiture, et on baise non stop pendant 48 heures.
— Merci, pour ce qui est de baiser j'ai eu mon compte hier soir, m'a-t-elle rétorqué.
Précisons qu'hier, j'étais chez moi avec un joint et du travail à finir sur le portable du boulot.
Les femmes sont bien cruelles, parfois. Et j'avoue que malgré la carapace que je me suis forgé au fil des ans, malgré ce détachement un peu feint que je m'efforce de montrer, malgré la certitude que j'ai de ne pas être amoureux de Sido, certaines phrases comme celle-ci réussissent encore à me serrer la gorge, et me percer en plein coeur.
14:50 | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : Littérature
mercredi, 10 mai 2006
huit
Parmi les dizaines de commentateurs et -trices qui se précipitent sur ce journal pour débattre avec passion à chaque nouvelle note, j’en retiens une en particulier, encore assez discrète, qui signe sous le nom étrange de Brigitte Jean. La mystérieuse demoiselle (...) me faisait part récemment de ses soupçons concernant un jeune homme « vraiment pas mal » (sic), portant Che, croisé au salon de thé de la mosquée de Paris, et qui l'aurait gratifiée d'un sourire. Partant du constat que j’habite à côté de cette mosquée, rue Monge dans le cinquième arrondissement parisien, et que comme lui, je suis censé avoir un air d’artiste (ça reste à voir), notre visiteuse se demandait tout bonnement si je n’étais pas ledit garçon.
Lui faisant remarquer que rien n’indiquait que je puisse être « vraiment pas mal », comme elle dit, Brigitte me rétorqua en substance que puisque j’avais une copine blonde et jolie, qui de surcroît gagne plus que correctement sa vie, je ne devais pas être trop moche. Merci, Brigitte. Malheureusement, l’honnêteté propre à ces lignes m’oblige à te détromper : je ne suis pas très beau. Pas vraiment laid non plus. Juste médiocre. Un peu lourdeau tout d’abord, ce qui fait dire à Sidonie (et là, attention la formule) que si je ne suis pas un bourreau des cœurs, j’ai du moins un corps de bourreau (ah ! ah ! comme c’est drôle), avec un bide aussi développé que mes pectoraux. Un nez bizarre, un front fuyant, des cheveux incoiffables. Une tête, en somme, qui ne va pas avec mon corps. Vous voyez que je ne suis pas tendre avec moi-même. Mais cette lucidité m’a servi, et m’a permis de développer d’autres atouts dans mon objectif principal et perpétuel de séduction des filles : notamment, je me flatte de le croire, l’esprit.
L’esprit, est essentiel au libertin, et à l’homme en général, bien plus que la beauté. Je pense que l’homme, s’il a de l’esprit, de l’humour, du charisme, une bonne dose de virilité ; s’il a de l’assurance, de l’expérience, s’il a été bien éduqué, sait s’habiller, sourire, parler, écrire, répondre en toutes circonstances, alors, peut mépriser son physique. Pas son apparence : son physique. Attention, je ne dis pas que je réunis toutes ces qualités, bien loin s’en faut (…). Si c’était le cas, je vivrais des jours heureux avec mon seul et unique amour perdu, dont je ne vous parlerai pas à moins de risquer de vous ennuyer plus encore qu’à présent. Mais, bien que je sois seul et malheureux, je n’ai pas trop à me plaindre. J’espère que tout cela ne vous semble pas trop présomptueux. J’ai simplement dit que je n’étais pas vraiment beau, et que je me rattrape comme je peux, sans trop d’échecs, avec d’autres armes.
D’ailleurs, je pense que, dans une moindre mesure, la règle s’applique également aux femmes. Il me semble que la plus pure plastique ne sera jamais suffisamment belle si elle n’a pas le regard animé par l’intelligence, la passion, l’élégance, mais aussi par la profondeur de la tristesse, de l’émotion, du sentiment. Plus encore, c’est cet esprit qui définitivement les rend belles…
20:25 | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : libre-expression
mardi, 09 mai 2006
sept
On s'habitue à tout. Ce n'est pas nouveau, et je le sais depuis belle lurette. Il m’a fallu à peine trois ou quatre jours pour me faire à ma bonne dizaine d’heures de boulot quotidien. J'irai même jusqu'à dire que j'ai bien la pêche. Je me sens super actif, sexuellement notamment. Dommage que ma blonde Sidonie ne soit pas plus disposée que ça, bien que je sois toujours en transit chez elle (à son grand dam, je crois). Tout ça, vient bien sûr aussi du fait de ma soudaine rentrée d’argent. Si l’argent ne fait pas le bonheur, il fait tout le reste…
Bref, en plus de mes différentes tâches (car à part Ch***, je travaille en ce moment avec deux distributeurs), de ma maîtresse, de mon journal, que j’entretiens tant bien que mal, j’ai trouvé le temps, et surtout la motivation, de retourner à la piscine. J’avais presque oublié à quel point j’adore nager, et particulièrement en bassin, dans l’eau chlorée, en bonnet, lunettes et moule-bite. C’est une ambiance très étrange, due sans doute à l’odeur, aux bruits étouffés ; je pense en fait qu’à la piscine, tous les sens sont modifiés : la vue, par les lunettes, le toucher, l’odorat, le goût même, quand on boit la tasse, par l’eau, et l’ouïe, bien sûr. Une sensation de flottement vraiment agréable. Il y a, aussi, une sorte d’ambiguïté que j’apprécie à se retrouver presque nu, et, pourtant, protégé par l’anonymat du masque et du bonnet, entre fragilité et sécurité. Et puis, nager fait un bien fou. C’est du sport, et pourtant on ne transpire pas (enfin, on ne s’en rend pas compte, j’imagine), on ne se fait pas de claquage, on ne s’éclate pas les genoux, on ne se fait pas défoncer les dents. Et ça muscle le dos à une vitesse exceptionnelle. Voilà. C’était un message de la Fédération Française de Natation en association avec les Piscines de Paris.
Ce soir, je regagne mon 5ème. Une décision que je viens de prendre. Sido va à un concert avec des amis ce soir ; c’est du moins ce qu’elle prétend. Je lui laisse donc la liberté de me mentir et de ramener chez elle celui qui l’aura en réalité invitée à dîner. Sympa, non ?
20:00 | Lien permanent | Commentaires (10)

